lundi 26 janvier 2009

Contemplation silencieuse.
Lampes, appartements, vies.
Deux hommes par ma fenêtre, sous le rouge du canapé les lumières s'allument et s'éteignent, qui sont-ils, où vont-ils? Mille tentatives ébréchées de formuler une histoire, des raisons, un sens. Deux amis, deux amants, une maison douillette ou une rencontre fortuite? Sortir, entrer, essayer les nouvelles chaussures, ranger, mettre la veste noire, rallumer, éteindre la lampe oubliée, enjamber le canapé rouge.. rouge, rouge, tu remplis les yeux du mystère de ces vies. Rouge du couple qui entre et sort de mon cadre, femme posant les rayons de lumière d'un écran, homme se préparant.. rouge fuyant, couvert par des branches noires et pointues, noir solitaire du travail nocturne et bleu familial d'enfants qui jouent.

Comme un dessin insaisissable, les couleurs de chaque fenêtre au loin ouvrent un regard sur des inconnus, hommes, femmes, enfants, solitudes ou soirées arrosées.. je ne peux guère saisir ces détails qui par la distance se transforment en gouttes ruisselantes sur mes vitres sombres, aquarelles fugaces.

Que cherchent ces êtres, par quelle raison ou désir longent-ils les voies de la terre, les avenues de Paris, les chemins de leur destin?

Et mon cœur, lui, où va-t-il par cette nuit voilée? Quel est l'objet de sa course, de sa chevauchée acharnée, de son souffle coupé? Mille impressions, sensations et sentiments surgissent, s'amassent, à la recherche d'une direction, d'un sens de marche à emprunter, ils quémandent un pic, une altitude inaltérable qui les rendent valides et valables à jamais. Chaque instant est ainsi construit, pointe exiguë d'exigence d'infini.